Chapitre 9 – Rendez-vous en 3D

Le lendemain des évènements de la veille, le cours de ma vie a repris son lit (nouvelle expression en attente d’homologation par l’Académie Française).

Après les cours de la matinée, et avant la cafet’, pour satisfaire à des obligations corporelles que je ne décrirais pas ici, j’ai pris la direction des toilettes. Au sortir de la cuvette, je me suis plantée comme une troisième devant le miroir.

Que les choses soient claires : je ne suis pas comme toutes ces filles qui semblent passer plus de temps dans les toilettes à se recoiffer, qu’en salle de cours (à croire que des heures de « toilettages » sont prévues dans leurs emplois du temps). Non, je voulais juste faire une petite checklist avant de… enfin bref ; yeux bleus : OK ; cheveux cuivré coupés courts : OK ; taches de rousseurs : OK (désolé si je suis en train de casser l’image mentale que vous vous étiez patiemment dessiné, fallait attendre), oreilles de lapin : O… oreilles de lapin ?

Ok Mathilde, tu as un message à me faire passer ?

Elle a fait un pas de côté pour venir joindre son reflet au mien :

Ouai, on t’attend pour manger, Sarah et Amélie se regardent déjà comme deux cuisses de poulet, si tu as fini de te refaire le portrait, tu peux venir ?

Je l’ai suivie jusqu’à notre table. Bon techniquement, ce n’est pas « notre » table, on ne l’a pas achetée, ni louée, ni construite avec des rondins de bois (j’ai pas de dents ni d’ascendant castor) c’est juste que par tradition ancestrale, c’est « notre » table.

Mathilde en avait fait « l’acquisition » au début de l’année, car d’après elle, elle était : idéalement située (près de la fontaine à eau), parfaitement non isolée (on peut écouter toutes les conversations), et bénéficiant d’une très bonne exposition (on peut voir toutes les personnes qui entrent ou qui sortent).

Sarah m’a décoché un sourire malicieux :

Alors comme ça, on va se refaire une beauté avant son rendez-vous galant ?

D’accord, Mathilde avait donné la mèche (elle ne l’avait pas vendu, c’est pas son genre), mes joues se sont tomatisées en moins de temps qu’il ne faut à une carotte pour crier au secours lorsqu’elle voit un lapin.

C’est pas un rendez-vous, je dois juste rejoindre Jérém’ au club d’informatique pour…

Jérém’, m’a coupé Amélie en me faisant un clin d’œil enjôleur, tu vois, tu l’appelles déjà par son petit prénom, c’est un signe.

Hein ? Un signe de rien du tout, c’est juste un rendez-vous… d’affaire.

Oh oui, une affaire de cœur, ce sont les seules qui vaillent, a soupiré Sarah.

Arrêtez, est intervenue Mathilde, Lola est tellement rouge qu’elle va finir par déclencher l’alarme à incendie.

Merci, je suis redescendue de mon échelle chromatique ; enfin, jusqu’à ce qu’elle ajoute :

Et de toute façon, c’est pas le mini coup de foudre de samedi dernier qui prouve quoi que ce soit, pas vrai Lola ?

Super, les pompiers venaient de débarquer sous mon crâne !

***

Sarah et Amélie se sont mise à parler en même temps :

Coup de foudre ? Non mais…

… il faut tout nous raconter ! tout de suite !

J’essayais tant bien que mal de maîtriser l’incendie :

C’était juste de l’électricité statique, nos bras se sont frottés un peu comme… j’ai pris mon couteau en plastique (collector au moment où vous lirez ces lignes) et je l’ai frotté sur la manche de Sarah,… un peu comme ça, et j’ai approché le couteau du bras dénudé de Mathilde, qui a poussé un cri…

Aie !

… bien mérité.

N’empêche, a dit Amélie, en faisant clignoter ses paupières, vos bras se sont touchés.

Bon, cette conversation était vraiment mal engagée, de désespoir j’ai laissé tomber le couteau dans mon assiette de rôtis aux p’tits pois.

J’ai alors vu le couteau frapper un premier petit pois ; n’ayant pas compris d’où venait l’agression (et n’ayant visiblement pas grand-chose dans la tête), ce petit pois n’a rien trouvé de mieux que de frapper son voisin ; voisin qui a son tour, plutôt que d’entamer un dialogue constructif, est allé frapper un autre petit pois qu’il avait confondu avec son agresseur ; déboussolé par ce coup de (petite) boule (verte), l’innocente victime a entrepris de se faire justice en frappant à l’aveuglette devant lui ; mais devant lui, point de petit pois, juste le bord de l’assiette d’où il fut éjecté, emporté par son élan vengeur.

Je me suis alors penchée pour ramasser le cadavre vert qui gisait par terre à côté de la table, tout en répondant à Amélie :

Et de tout façon, Lou sera là aussi, c’est pas vraiment ce que j’appelle un « rendez-vous galant ».

Hum, Hum, a fait Mathilde, juste avant qu’une basket ne vienne aplatir mon petit pois.

J’ai levé lentement la tête, avec une impression de déjà vécu. Oh ! Un tee-shirt, ne me dite pas que… Ah ? pas de poche à stylo ? Après tout, cette fois-ci ce n’est peut-être pas… Oh ! Misère !

Salut Jérémie… sympa ton nouveau tee-shirt. (Merci de ne pas noter cette réplique pour ne pas ajouter à ma honte).

Euh, Lou peut pas venir, mais… ça tient toujours pour le rendez-vous… enfin le club… la boîte… après manger ?

Oui… bien sûr… c’est vraiment dommage pour Lou (pas de note pour celle-là non plus SVP).

Et Jérémie est allé rejoindre une table, au fond de la cafet’, et je me suis engagée en tant que pompier volontaire pour aller éteindre l’incendie qui venait de reprendre au fond de mon crâne.

***

Lorsque je suis arrivée devant le « geek » club, j’avais un peu mal dans mon cimetière à p’tit pois. Les filles m’avaient abreuvée (c’est une manière polie de ne pas employer le mot : soulée) de tout un tas de « bons » conseils que je n’avais pas sollicités :

« Tu te mets à sa gauche, histoire qu’il voit toujours ton meilleur profil ».

Ah bon ? Et moi qui croyait avoir deux meilleurs profils !

« Tu le fixes quand tu lui parles, et tu lui fais ton regard de sirène ».

Comprendre : tu ne clignes pas des yeux, pour le captiver (oui, les sirènes, comme les poissons n’ont pas de paupières, essayez de taper « fard à paupière mérou » dans votre moteur de recherche favori, si vous ne me croyez pas).

« Pour le mettre en valeur, tu lui poses pleins de questions de noob ».

Alors primo : je ne sais pas ce qu’est un noob, j’ai juste compris que si on en est une, on ne peut pas comprendre qu’on en ai une ; et deuxio : passer pour une cruche en posant des questions nouilles (un noob, ça serait pas une nouille par hasard ?), merci les filles !

J’arrivais moins que plus confiante devant la porte, qui curieusement était ouverte. Je jetais alors un œil, que je récupérais illico, façon Jokari (une sorte de tennis pour asocial).

Etrange… pas de Jérémie pour m’accueillir un genou à terre et un bouquet de roses à la main et… mais qu’est-ce que je raconte, mes p’tits pois étaient en train de me remonter au cerveau ou quoi ? Il fallait que je me reprenne de toute urgence avant qu’il n’arri…

Je suis là ! Désolé… j’étais aux… pour… enfin… je suis là.

Oui visiblement, il était là. Et à en juger par sa mèche légèrement mouillée, il venait de faire son « troisième », devant le miroir des toilettes.

***

Jérémie était sur le pas de la porte, immobile. Je lui envoyais une œillade (c’est comme une grillade, mais à base d’œil de braise) qui signifiait « qu’est-ce qu’on attend pour rentrer », mais qu’il a dû interpréter comme « elle doit avoir une poussière dans l’œil », car il n’a pas bougé ; peut-être une porte invisible nous barrait-elle le chemin ? Comme mon père, il y a bien des pages, j’ai tourné une poigné invisible et je suis rentrée. Jérémie a poussé un soupir et m’a suivi. Tout en pénétrant dans l’antre, je me suis demandé si finalement, il ne s’agissait pas de galanterie plutôt que de porte invisible.

Au milieu de la pièce, sur la table jonchée de bric-à-brac, Ada et Gogol étaient en train de somnoler comme deux Doddy repus de saucisses. Collé contre un des murs, une table avec un écran allumé et deux chaises, Jérémie avait déjà tout préparé.

Je me suis approchée de la chaise de droite, j’allais m’y poser quand la voix de Sarah a resonné dans ma tête : « à gauche toute ! Présente ton meilleur profil !». Bon, même si je savais que c’était complétement stupide, j’ai remis les gaz, et fait pivoter mon arrière-train côté gauche pour atterrir sur… les genoux de Jérémie !

J’ai rebondi comme si je m’étais assise sur le siège d’un fakir, j’ai plongé fesses baissées sur l’autre chaise, et de mon pire profile j’ai bredouillé :

Oups ! Euh… je … t’avais pas… enfin… ça doit être les p’tits pois qui…

Juste à temps, un système de sécurité s’est enclenché, provoquant la fermeture d’urgence de ma bouche, et m’évitant ainsi de me perdre encore plus profondément dans la forêt de la honte !

***

Jérémie a dégluti, peut-être avait-il lui aussi un petit pois coincé en travers de la gorge ; puis, il a semblé reprendre ses esprits, il s’est tourné vers moi, m’a fixée sans cligner des yeux (me ferait-il le coup du regard de sirène ?) et m’a demandé :

Ahem… tu as le téléphone ?

Pourquoi voulait-il savoir si j’avais le téléphone ? Et pourquoi pas si j’avais l’électricité à tous les étages tant qu’il y était ?

Le téléphone ? Euh… oui, pourquoi ? Tu veux… mon numéro ?

Il a rougi comme un eskimo qui ferait du nudisme dans le désert.

Non ! Enfin oui… si tu veux, mais je parlais du téléphone pour faire les photos.

Oups ! On était maintenant deux sur la dune.

Oui ! Bien sûr, je suis vraiment trop… noob des fois ! et j’ai plongé mes mains dans mon sac à dos, à la recherche du téléphone.

Noob ?

Quoi ? Moi qui croyait avoir placé le bon mot au bon moment.

Oui, enfin, tu comprends, un peu nouille quoi ?

Heureusement à ce moment-là, ma main est ressortie avec une bonne nouvelle :

Le voilà !

Je lui ai tendu précipitamment, pour tenter d’abréger la conversation et, alors que le téléphone s’échappait de mes doigts pour aller se fracasser au sol, j’ai compris pourquoi, comme le disent mes parents dans leurs grandes sagesses, « il ne faut jamais confondre vitesse et précipitation ».

***

Jérémie s’est penché pour ramasser les morceaux. J’étais tétanisé par ma maladresse, seule ma langue semblait encore douée de vie (d’après ma mère, c’est le seul organe qui me survivra) :

Désolé, j’ai la tête… et les doigts à l’envers aujourd’hui, tu crois que tu peux le réparer ?

Ok, ça ressemblait à la technique d’Amélie : la question pour le mettre en valeur, mais là en même temps, il n’y avait plus vraiment le choix.

Sans rien dire, il a emboîté les différentes parties du mobile, puis il a appuyé sur le bouton « On », et m’a souri :

Je crois que c’est bon !

J’ai soupiré :

Tu es trop fort !

C’est pas grand-chose, comparé à ce que toi, Mathilde et Alex avez réussi à faire.

Et en plus maintenant, c’est lui qui me mettait en valeur ! Jamais je n’avais rencontré d’esquimaux aussi galant sur la dune !

***

Bien, a dit Jérémie, si on passait aux choses sérieuses.

Au lieu de lui répondre : « Ah bon ! Tu veux me demander en mariage ? On est pas un peu jeune pour ça ? Peut-être que des fiançailles pour commencer… », et de disparaître à tout jamais dans la forêt de la honte, je suis restée muette et je l’ai regardé s’affairer.

Il a d’abord branché un câble sur le téléphone qu’il a relié à l’ordinateur ; au bout de quelques secondes, mon reportage photo est apparu sur l’écran. Ses doigts se sont alors mis à danser sur le clavier, sautant de touche en touche comme des moutons jouant à… saute-mouton ! De temps en temps, presque trop rapidement pour que je ne le vois, sa main droite sortait du troupeau pour bondir sur la souris. Des fenêtres s’ouvraient, se fermaient, disparaissaient au rythme des clics qui battaient la mesure comme un métronome. C’était bien un p’tit Mozart du clavier !

Et puis, soudainement, les photos ont disparu pour faire place à la boîte, en chair et en os (bon, en fait, surtout en os), qui tournait lentement sur elle-même.

Maintenant, sur l’écran, on pouvait distinguer par transparence son squelette, et son contenu. Jérémie m’a regardé avec des bulles de champagne dans les yeux :

Woua ! Tu avais raison, elle est loin d’être vide !

Ouai ! Et ça, c’est pas les Sparadraps de Ramsés III !

***

C’était vraiment très gênant, Jérémie venait de plonger sous la table, juste après que j’ai prononcé le nom de l’illustre Pharaon enterré dans la vallée des Rois (Ok, on s’amuse, mais on est là pour s’instruire aussi).

J’en étais à me demander s’il n’avait pas été victime de la huitième plaie d’Egypte (moi en l’occurrence), quand il est réapparu, sa mèche en bataille et une paire de lunettes sur le nez. Je n’ai pas pu m’empêcher de rire :

Tu vas où avec tes binocles bicolores ? A une réunion des daltoniens anonymes ?

Il m’a tendu une seconde paire, qu’il venait d’extraire d’une boîte posée à même le sol, tout en souriant jusqu’aux montures :

Oui ! Et tu viens avec moi !

Était-ce ma présence combinée à l’absence de Lou, ou bien ces lunettes aux verres rouge et bleu qui avait un effet euphorisant ?

Allez, mets-les ! Avec ça, tu vas voir la vie en 3D !

Bon, après tout, je m’étais déjà tellement ridiculisée, un peu plus ou bien plus, qu’est-ce que ça pouvait changer.

Bienvenu au club !

Et il a cliqué sur un bouton à l’écran, et la boîte m’a sauté au visage !

***

Non mais… combien de tours de ce genre il avait encore dans son chapeau ? Après m’avoir fait le coup de la lune en plein jour, voilà qu’il me faisait celui de la boîte volante !

A quelques centimètres de mon nez, elle était là, pivotant nonchalamment sur elle-même, on en voyait tous les mécanismes internes, et même si je savais qu’on ne pouvait la toucher qu’avec les yeux, j’avançais un doigt jusque dans son œil, et le retirait aussitôt après avoir pris une petite décharge électrique.

Aie ! a dit Jérémie en retirant lui aussi son doigt, encore un coup de foudre !

Heureusement il avait dit ça en rigolant, je pouvais me détendre. Il a alors repris son air concentré pour détailler le contenu non identifié de l’objet volant devant nos lunettes.

On dirait un mécanisme d’horlogerie, et là, juste derrière l’œil, ça ressemble à un capteur de lumière. Si Alex était là, il pourrait nous en dire plus, l’électronique c’est sa spécialité.

Je me suis rapprochée pour voir le capteur.

Au fait ? T’as des nouvelles de ses gencives ?

Il a cliqué sur un bouton en forme de triangle et la boîte fantôme s’est figée.

Oui, il m’a dit que bizarrement, le traitement avait bien fonctionné, mais que ce matin il avait la tête lourde comme si on lui avait enfilé des bananes par les oreilles toutes la nuit. C’est pour ça qu’il est pas venu. Et là, tu penses que c’est quoi ?

Tout en regardant, je me suis demandé si Alex n’avait pas finalement essayé le traitement à base de schnaps et de glaçons du Doktor Zahnbrecher.

On dirait une sorte d’axe… avec des picots.

Nos têtes se sont rapprochées pour mieux voir, jusqu’à se toucher presque, il a murmuré :

Et le truc en spiral enroulé autour, ça ressemble à un ressort non ? Il s’est redressé brusquement : tu n’aurais pas la boîte par hasard ?

Je poussais un soupir langoureux, notre moment romantique venait de prendre fin… Euh… mais qu’est-ce que je disais ? Apparemment, j’avais encore du sang de p’tits pois qui coulait dans mes veines !

Cette fois, Je lui ai tendu la boîte, sans me précipiter. Il l’a tournée pour la mettre dans la même position que celle qui lévitait devant l’écran.

L’axe avec le ressort doit se trouver… juste… là.

Il a pressé un des côtés, et la boîte s’est ouverte !

La face cyclopéenne s’est alors détachée, nous révélant les entrailles de la boîte. Il y avait là tout un enchevêtrement de roues, de ressorts et de composants dont certains semblaient constitués de verre et de métal, et au centre, enfouit sous le capteur de lumière, on voyait briller : une pierre précieuse ! (Ça ferait une bonne fin de chapitre ça, non ?)

***

Wouah ! c’est un diamant ? (J’aurais mieux fait de me taire, maintenant je suis obligée de continuer) Si ça se trouve, c’est ça que l’homme en noir cherchait !

Jérémie avait des accents circonflexes au-dessus des yeux : il était perplexe (quatre x dans la même phrase, essayez de faire mieux !).

C’est bizarre, regarde, le cristal est enserré entre deux plaques métalliques.

Oui, et alors, en métal ou en quoi que ce soit d’autre, ça restait une pierre précieuse dans un coffret ; l’homme en noir était un vulgaire voleur, et je n’avais plus qu’à remettre cette pièce à conviction à mon inspectrice préférée. J’étais soulagée, finalement, cette histoire n’était peut-être pas si vampirique que ça.

Jérémie s’est alors levé, et il s’est dirigé vers le centre de la pièce avec la boîte.

Je me sentais soudain abandonnée.

Euh… qu’est-ce que tu fais ?

Je dois discuter d’un truc avec ADA.

D’accord, voilà qu’il me quittait pour une… androïde, et moi qui commençais à douter qu’il soit vraiment geek.

Il s’est approché de la face d’aubergine d’ADA, s’est penché, tel un prince charmant au-dessus du lit de sa princesse (non je ne suis pas jalouse) et, peut-être pour ne pas réveiller GOGOL, lui a murmuré :

OK Ada, activation !

La belle aubergine au bois dormant (surtout ronflant je trouve) s’est mise à faire la maligne en clignotant de toutes ses leds (Je sais pas vous, mais en ce qui me concerne, je ne clignote pas au réveille !), et il m’a semblé voir une led de GOGOL clignoter également (jalousie ?) :

ADA, OK !

Jérémie a positionné la boîte ouverte sur le cristal devant son œil de verre, même pas bleu.

OK ADA, identification visuelle de l’objet.

Ada s’est remise à ronronner, pendant que ses leds s’animaient comme une vulgaire guirlande de Noel ; puis, au bout de quelques secondes, elle s’est mise à débiter d’une voix sans charme (je ne sais vraiment pas ce qu’il lui trouve) :

C’est un cristal de Quartz…

Tu vois, c’est ce que j’avais dit, une pierre précieuse, pas la peine d’avoir un cerveau d’aubergine pour savoir ça …

…utilisée principalement dans les piles piézoélectriques…

Bon, ça, par contre, j’avoue que…

…destinées à alimenter de petits objets…

Ok, là, mon cerveau en petit pois fait pas l’poids ! (Jingle calembour)

… en convertissant la pression en électricité.

Aubergine 10, Lola 0 ! Game over.

Jérémie s’est retourné tout excité :

C’est pour ça que l’œil s’est activé quand tu as pris la boîte, la pression a généré suffisamment d’électricité pour mettre en route le mécanisme ! Tu imagines, une boîte aussi vieille qui contient une technologie aussi avancée !

A mon tour, j’avais des accents circonflexes au-dessus des yeux.

Ok, mais nous par contre, on a pas avancé d’un orteil (égal un demi-pouce), on ne sait toujours pas à quoi elle peut bien servir.

Nous, non ! Mais si tu penses que Sveta veut la récupérer, c’est qu’elle, elle doit le savoir.

En fait, je n’étais plus vraiment sûre de rien, mais (je vous rassure) cette histoire était déjà bien trop avancée pour ne pas aller à son terme (Fin du chapitre ? Oui, et c’est pas trop tôt !).

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