Les oeufs d’or (4 min 56 s)

Un jour, un étrange oiseau vint pondre sur le plus haut des arbres de la savane 3 œufs dorés.

Un Lion, qui se prenait pour le roi, ordonna alors aux animaux :

Qu’on me ramène ces œufs sur le champ, ou l’un de vous finira sous mes dents.

Tous les animaux affolés, se mirent alors à sauter, bondir, voler … mais aucun ne put atteindre le nid si haut perché.

Si vous n’y arrivez pas, c’est moi qui grimperais ! dit fièrement le lion

Et comment comptes-tu t’y prendre ? Roi fainéant, interrogea une autruche.

Et bien… en vous grimpant dessus ! dit le lion.

Et il rugit pour rassembler tout ce que la savane comptait de gros derrière et de long cou.

Toi le gros, viens par ici ! commanda le lion

Gros ? Où ça un gros, dit l’éléphant.

Je crois qu’il parle de toi, chuchota l’hippopotame.

Oui toi avec les grandes oreilles ! S’exclama le lion

Là il n’y a vraiment plus de doute, dit l’hippo.

Et toi gros nez, vient aussi ! continua le lion

Euh… dit l’éléphant à l’hippopotame, je crois que cette fois ci c’est de toi qu’il s’agit.

Et la perchée toute tachée, mets-toi là ! ordonna le roi

Je ne suis pas taché, s’offusqua la girafe, fâchée, je suis ta che tée ,

Oui bon … dépêche-toi ou tu vas finir au fond de mon gosier.

Et la curieuse construction commença à s’élever, s’élever…

J’ai mal au dos, se plaignit l’hippo qui portait tout le monde

J’ai la trompe qui me démange, bougonna l’éléphant, qui avait la tête dans les plumes d’une autruche

Et moi j’ai les guiboles qui flageolent, avertit la girafe.

Mais le lion n’en avait que faire, il grimpa cette étrange tour de patte, de poil et de plume, griffant le dos de l’hippopotame : « Aie », écrasant le bec de l’autruche : « ouille », se hissant sur la tête d’un singe : «eh, ça fait mal ! », et finit par arriver tout en haut.

Il manque encore 10 centimètres, plus haut, plus haut ! hurla le lion, remuez-vous bandes de mollasson !

Et tout le monde se remua, y compris l’autruche dont les plumes chatouillaient de plus en plus la trompe de l’éléphant. Et que croyez-vous qu’il arriva ? L’éléphant éternua. Et tout l’édifice s’effondra dans un fracas de patte de poil, et de plume.

Le lion était furieux, d’abord parce que sa crinière était toute décoiffée, et ensuite par qu’il n’avait pas pu attraper les œufs.

Il saisit alors un porc épique, qui se hérissa de peur. « C’est mon tour » pensa t’il « il va me dévorer et se curer les dents avec mes piques ».

Parfait pour se recoiffer, ricana le roi, qui le relâcha après avoir remis sa toison en ordre. Et que l’on fasse venir le marabout ! cria-t-il.

Je suis déjà là, majesté, susurra l’oiseau dans son cou.

Oui bon … dit le roi en sursautant, je veux ces œufs d’or, tu ne pourrais pas avec ta magie, je ne sais pas moi …

Vous agrandir les pattes arrière par exemple ? proposa l’oiseau.

Oui c’est ça ! dit le roi, agrandis-moi !

Attention cependant, dit le grand échassier, à vouloir aller trop haut, on finit le nez plus bas que terre.

Hein ? C’est quoi ce charabia ? dit le roi.

Sans répondre Le marabout claqua du bec, 3 fois.

Mes pattes ! dit le roi, je les sens pousser !  Je monte, je monte…

C’est de la sorcellerie ! dit la girafe, le voilà plus grand que moi !

Et le roi continuait de grandir, grandir. Tous les animaux levaient la tête.

S’il ne pouvait jamais redescendre, marmonna le porc épique.

Mes œufs ! cria le lion, en tendant les bras, je peux presque les toucher !

Mais il ne les toucha pas, car au moment de s’en saisir, il était encore en train de grandir. Et désemparé, il les dépassa sans pouvoir s’en emparer !

Que se passe-t-il ! hurla le roi.  Marabout fait quelque chose, je ne sais pas moi…

Vous agrandir les bras peut-être, majesté ?

Oui c’est ça, agrandit moi les bras.

Attention à vous ! dit le vieux Marabout. Être grands et méchant, ne donne pas tous les droits pour autant.

Cesse donc avec tes rimes, oiseau de mauvais augure ! cria le roi.

Sans répondre le marabout claqua du bec, 3 fois.

Mes bras ! dit le roi. Je les sens pousser, ils descendent, descendent…

Ça alors ! s’étonna le singe. Le voilà avec des bras plus longs que moi.

Et ses bras continuaient de grandir, grandir…

Si seulement il pouvait se les emmêler, marmonna le porc épique, et ne jamais plus s’en servir.

Cette fois ci, ils sont à moi ! grogna le roi, alors que ses doigts pouvaient presque toucher les œufs.

Mais il ne les toucha pas, car ces bras ne cessaient de grandir. Jusqu’à finir par toucher le sol.

Maudit volatile ! hurla le roi

Que voulez-vous que je fasse mon félin souverain ? Vous faire rétrécir peut-être ? proposa le Marabout.

Oui c’est ça ! dit le lion. Rétrécis-moi, que je vienne un peu m’occuper de toi vieux déplumé

A trop vouloir on finit par tout perdre, murmura l’oiseau

Qu’est-ce que tu baragouine ? fulmina le roi.

Le marabout claqua du bec, 3 fois.

Et le roi se mit à rétrécir, rétrécir…

Enfin, je redescends, il va voir cet échassier de malheur, ce que je fais des oiseaux moqueurs : un bon ragoût de marabout !

Le lion s’en léchait déjà les babines.

Eh, le Marabout ! dit le Lion quand-il eut fini de rétrécir, où te caches tu ? Tu trembles devant mes crocs ?

Non, dis le marabout, je suis là… haut.

Le roi leva la tête, et vis l’immense bec d’un immense marabout, debout sur ses immenses pattes.

Interdit d’utiliser la magie pour soi-même ! cria le Lion. Ce n’est pas du jeu ça !

Le marabout n’a pas grandi, dit un immense porc épique.

C’est toi qui es minuscule, ajouta une immense girafe.

Alors, un oiseau aux plumes dorées vint se poser près du petit roi, l’enserra délicatement, et s’envola.

Aidez-moi ! supplia le roi.

Ne vous inquiétez pas, dit le Marabout, il croit que vous êtes un de ses oisillons tombé du nid.

Et l’oiseau monta vers le sommet du plus haut des arbres de la savane, et y déposa le petit lion.

Vous voilà satisfait ! cria le Marabout, vos œufs d’or, vous les avez !

Avant qu’il n’ait pu répondre, les coquilles se mirent à bouger, puis se fendirent, et 3 oisillons aux reflets dorés en sortirent. L’oiseau tendit son bec et glissa dans le gosier de chacun, un ver de terre.

Nooonnnnn, sanglota le lion, c’est vraiment trop dégoûtant.

C’est seulement, pour un mois, ou deux, ou trois…, le temps que cesse le sort, profitez-en pour penser à vos torts ! cria le marabout.

Autant dire que les mois qui suivirent, les animaux, débarrassaient de leur roi de pacotille, en profitèrent pour faire la fête, pendant que le Lion du haut de son perchoir, se lamentait du matin, jusqu’au soir.

La princesse insatisfaite (4 min 47 s)

Ce matin-là, le château fut réveillé aux cris de la reine.

Ma fille ! Ma fille a disparu !

Notre fille, dit le Roi en baillant, elle se cache surement pour échapper au bal, elle refuse tous les prétendants qu’on lui propose depuis des mois.

Il faut dire que la princesse avait un sale caractère et qu’aucun prince n’était jamais à son goût.

Majesté c’est horrible, votre fille a disparue ! dit le majordome en entrant tout essoufflé dans la chambre royale.

Oui, oui, nous savons, répondit le roi.

Mais non, vous ne savez pas ! Elle a été enlevée … par le sorcier Noir !

Quoi ? dit la reine qui commençait à pleurer, le sorcier Noir, celui qui vit dans le volcan ? Il va transformer notre fille en merguez ! Qu’attendez-vous pour aller la chercher ? cria-t-elle.

Euh… dit le Roi, tout de suite ? Sans même prendre mon royal petit déjeuner ?

Tout… de… suite ! hurla la reine.

C’est ainsi que notre roi se retrouva en train de chevaucher sa royale monture, encore vêtu de son royale pyjama !

***

Hue, mon vaillant destrier, en route vers la forêt enchantée, là où vit la fée, elle seule pourra m’aider à affronter le sorcier” dit le roi.

Un peu de magie ne sera pas de trop, pour transformer un roi baillant, en chevalier vaillant, répondis l’animal.

Quoi ? tu parles maintenant. Et tu fais des rimes en prime ! s’étonna le roi.

Sûrement sous l’effet de cette forêt enchantée ! dit le cheval, alors qu’ils arrivaient près d’une petite chaumière, au milieu d’une clairière.

Le roi avait à peine levé le poing pour frapper à la porte, qu’elle s’ouvrit, dévoilant une charmante jeune femme.

Euh… dit-il surpris.

Si c’est ainsi que vous dites bonjour au royaume, alors : Euh… également, répondit la fée, et elle ajouta : Je t’attendais, viens ! Je vais t’expliquer comment récupérer la princesse.

Mais je ne vous ai encore rien dit ! protesta le Roi, et c’est moi qui donne les ordres d’habitude.

Sans rien dire, la fée pris sa main, et y déposa un œuf.

Tu vois ce n’est pas compliqué.

Je vais libérer ma fille avec un œuf ? dit le Roi.

Ou faire une bonne omelette, répondit la fée, à toi de choisir.

Te moquerais-tu de moi ? bougonna le Roi.

Moi ? dit la fée en souriant : jamais !

***

C’est un œuf de dragon” expliqua la fée, sans se soucier de la mauvaise humeur du roi. Seul un dragon te permettra de franchir la porte de lave, qui mène au cœur du volcan, là où habite le sorcier Noir.

Ah, oui, bien, fit le roi, qui ne comprenait pas grand-chose.

Tu sais que la peau des dragons est insensible au feu ?

Oui oui, bien sûr, répondit le roi, comme s’il le savait, puis il ajouta: mais quand cet œuf va-t-il éclore ?

Quand tu l’auras suffisamment couvé ! dit la fée.

Voilà comment notre roi se retrouva assis sur un œuf de dragon, en train d’attendre son éclosion.

Mon roi en train de couver comme une poule ! s’exclama le cheval, vous voilà passé de la cour, à la basse-cour.

Je me passerai bien de tes mauvais jeux de mot ! marmonna le roi.

Heureusement pour lui, l’œuf ne tarda pas à se fendre, et un mignon petit dragon en sortie.

Pôpa ! dit le nouveau-né.

Quoi ? dit le roi, cette chose me prend pour son père ?

C’est parce que tu l’as couvé, murmura la fée, il en va ainsi chez les dragons.

Mais il est minuscule ! se plaignit le roi, comment sauver ma fille avec cet avorton.

Donne-lui ça ! ordonna la fée.

Et elle lui tendit un biberon qui contenait un étrange breuvage.

Au point où j’en suis.

Et le roi mis la tétine entre les petites babines et… en trois gorgées, le dragon pris … trois tonnes.

Ou t’es Pôpa ? dit le gros petit dragon.

Sous tes grosses fesses, répondit faiblement le Roi tout aplati.

Pardon Mon Pôpa, dit le dragon en se relevant.

***

Et qu’est-ce que je suis sensé faire avec cette… chose ? questionna le roi une fois remis.

Très simple, répondit la fée, tu vas franchir la porte de lave du volcan, bien à l’abris dans la gueule de ton dragon.

Mais c’est de la folie ! dit le roi affolé, il va m’avaler.

Jamais je ne te mangerais mon petit Pôpa, assura le dragon.

Tu vois, dit la fée, tu ne risques rien, fait-moi confiance.

Alors le Roi résigné, grimpa dans la gueule grande ouverte du dragon, qui se referma délicatement.

Et voilà Mon Roi transformé en amuse-bouche ! soupira le cheval.

***

Il y eu le noir, il y eu du bruit, des secousses, de la chaleur, et la lumière réapparu.

Je suis vivant ! s’écria le Roi en sortant de son dragon. Vivant mais tout gluant !

On est dans le volcan mon Pôpa, dit le grand petit dragon.

Attends-moi ici ! ordonna le roi, je vais de ce pas récupérer ta sœur, euh… ma fille, et il s’engouffra dans un long tunnel.

Peu de temps après, il déboucha dans une immense grotte, et aperçu au loin ce qui ressemblait à un trône, et sur ce trône un homme tout de noir vêtu, tenant la main d’une jeune fille.

Sorcier Noir ! cria le Roi, rend moi ma fille ou bien…

Ou bien quoi au juste ? Le roi s’aperçut qu’il n’avait pas d’arme, rien pour intimider le sorcier, et cette satanée fée qui ne lui avait même pas données une potion ou une amulette magique.

Approche-toi, ne crains rien, lui dit alors sa fille “que je te présente mon fiancé.

Alors là, le Roi n’en crut pas ses oreilles.

Qu’est-ce que tu racontes ma princesse ? Le sorcier Noir t’a enlevé et jeté un sort, c’est ça ?

Non ! dit le sorcier, il n’y a pas de sorcellerie là dessous, que de l’amour.

Oui, dit la princesse, je l’ai rencontré lors d’une de mes nombreuses fugues dans la forêt enchantée, et nous sommes tombé amoureux au premier regard, il est tellement… ensorceleur…

Et elle est tellement… insupportable ! ajouta le sorcier.

***

Je n’y comprends rien ! dit la reine en sanglotant, lorsque le roi fut revenu seul au château. Vous voulez dire que notre fille préfère vivre avec ce « sorcier noir » plutôt qu’avec nous ? Et que ce … dragon, vous prend pour son père ?

J’en ai bien peur, dut avouer le Roi. Et la reine pleura de plus belle.

Mais sa peine fut de courte durée, car une semaine plus tard, sa princesse adorée venait lui présenter son 1er enfant.

Un enfant en une semaine ! dit la reine, mais c’est de la sorcellerie !

Et comment s’appelle cet enfant ? demanda le roi.

Inferno ! dit la princesse toute fière.

Avec un prénom pareil, je m’attends au pire, soupira le Roi.

Et il avait bien raison, mais ça, c’est une autre histoire.